MOUVEMENT DEMOCRATIQUE SOCIALE ET LAIQUE (MDSL)
  Résolution programmatique
 

 

Résolution programmatique
 
Lever l’opacité qui voile les véritables contradictions et les enjeux réels
 
Le MDS, dans ses efforts de construction d’une alternative, devra s’attacher à édifier ses structures et organisations tournées vers la société et les luttes multiformes qui se déroulent ; il doit mettre en phase ses capacités organiques avec la sympathie acquise au sein de la société au prix de sacrifices énormes et permettre ainsi d’accroître son poids dans la vie politique du pays, peser sur les contradictions en cours et œuvrer pour autonomiser la société civile et ses organisations.
Malgré l’effort de médiatisation de la ligne, à travers les prises de position du Mouvement et les actions qu’il a pu mener, l’absence de prolongement organique et l’absence de relais, ainsi que la difficulté de se doter d’un journal ou d’un bulletin, donnent souvent l’impression d’un action introvertie, alors qu’il s’agit de porter à bout de bras la ligne qui a fait ses preuves et qui gagne de plus en plus en respect et en sympathie dans les milieux divers. Il est vital, en conséquence, de réarticuler notre travail en direction de la société et de donner toute son importance au travail de recrutement, d’organisation de nos forces, d’orientation de nos efforts pour occuper les différents espaces de lutte.
Cet effort doit s’appuyer sur le nécessaire travail de clarification des enjeux et des contradictions complexes qui sous-tendent la crise algérienne et rendent difficile la production d’alternative, comme propositions et comme processus de mobilisation des forces qui ont intérêt à rompre avec le système rentier bureaucratique et l’islamisme. L’analyse des contradictions qui traversent la société algérienne doit sous-tendre toutes nos propositions d’action et de lutte pour faire sortir le pays de la crise.
L’articulation des contradictions internes aux changements qui s’opèrent dans le monde doit faire l’objet d’une attention particulière dans notre effort d’analyse et de réflexion ; l’adhésion de l’Algérie à l’OMC et l’accord de coopération avec l’UE peuvent certainement avoir un effet structurant sur l’Algérie, cependant le type d’intégration de l’Algérie à la DIT sera déterminant sur l’issue de la crise.
La question du projet de société reste intimement liée aussi bien aux intérêts économiques et sociaux que nationaux et pose avec force le dépassement des rapports de dépendance vis-à-vis du capital financier international, réduisant l’Algérie à un pourvoyeur en hydrocarbures et une aire de consommation, vers des rapports d’interdépendance, seuls à même de placer les intérêts de l’Algérie, bien compris, dans le cadre d’une mondialisation aux effets contradictoires. En d’autres termes, les contradictions internes continuent de jouer un rôle déterminant, non seulement sur le type d’intégration de l’Algérie à la DIT, mais aussi sur l’issue de la crise. C’est pourquoi il est nécessaire de rappeler que le projet de société, bien que lié aux intérêts économiques, est surtout l’_expression d’un enjeu politico-idéologique où se cristallise la question du pouvoir organiquement liée à la nature de l’Etat. 
La nature hybride de l’Etat, les intérêts des couches rentières et maffieuses, le système rentier dominant dévoient les luttes en cours, rendent opaques les véritables contradictions et souvent, au lieu de favoriser les décantations sur la base des enjeux réels, conduisent vers des alliances contre-nature ; cette situation complexe voile les contradictions entre les couches rentières et mafieuses d’un côté et les forces du travail, du savoir et du capital d’un autre ; les couches rentières sont objectivement alliées au capital financier international, les forces du travail et du capital le sont objectivement au capital productif, cependant le pouvoir, dans son obstination à vouloir refuser de reconnaître la nature de la crise et d’asseoir les bases d’un Etat moderne, continue à instrumentaliser la religion, y compris à vouloir imposer l’éducation religieuse dans toutes les filières du bac, à maintenir le code de la famille, à reculer davantage sur le code de la nationalité ; il empêche la consécration de la victoire sur l’islamisme, inféode le capital productif à la rente : les mécanismes socio-économiques et politiques en cours, le système d’Etat et son idéologie transforment la rente en force centrifuge capable d’altérer tous les efforts d’asseoir les bases d’une économie productive et de pervertir les investissements productifs.
Cercle vicieux : l’économie parasitaire structure la société verticalement, elle rogne sur toutes les classes et couches sociales, empêche le processus de formation des classes sociales, bloque leur cristallisation de classe sociale en soi et encore moins pour soi ; les classes sociales sont dans une position de grand écart entre le procès de production et l’économie informelle, position qui dévoie les représentations politico-idéologiques de chaque classe, déstructure la conscience et l’installe dans les errements de la conscience irrationnelle, terreau de l’islamisme et de l’archaïsme. Ainsi, l’économie parasitaire alimente l’idéologie conservatrice et islamiste et, en retour, celle-ci alimente l’idéologie de la rente. Sous-estimer ce cercle vicieux, sous-estimer, en d’autres termes l’idéologique dans cette phase cruciale que traverse l’Algérie, c’est prendre le risque de reproduire les facteurs de la crise en l’amplifiant.
Voilà pourquoi, « si l'intégrisme n’est pas définitivement battu sur le terrain sécuritaire et politiquement et idéologiquement, défait sur le terrain institutionnel, culturel et symbolique » tout « dispositif juridique » perdrait son sens et ne pourrait participer d’une quelconque stabilité politique, bien au contraire contribuerait à obscurcir les enjeux et empêcher la possibilité de sortie de crise.
  
Pour une transition démocratique qui transforme la nature de l’Etat:
Transformer radicalement la nature de l’Etat, d’un Etat hybride à un Etat moderne, en d’autres termes, disqualifier le système rentier allié à l’islamisme, passe par de véritables réformes institutionnelles adossées aux réformes économiques  :
1-        Etat et institutions :
-           Le pouvoir, comme _expression de l’Etat hybride, se confond avec l’Etat, s’inféode ses institutions, patrimonialise l’Etat, le privatise en s’appuyant sur les partis/Etat. Ce pouvoir gère la crise au lieu de la dépasser, il la reproduit à l’infini et hypothèque à chaque fois les conditions de son dépassement démocratique ; il s’agit de distinguer, dans ce sens, les intentions et les volontés des uns et des autres, et les contradictions et les limites qu’impose la conception de l’Etat portée par le pouvoir en place qui, malgré les embellies conjoncturelles, porte dans ses entrailles le risque d’aggravation de la crise et de rupture d’équilibres ; une tâche majeure doit transcender toutes nos actions : combattre la patrimonialisation de l’Etat avec son corollaire le clientélisme, le clanisme, les partis/Etat, l’utilisation des deniers de l’Etat à des objectifs partisans. Ce combat pose l’exigence de la disqualification de partis/Etat et la lutte pour la réalisation d’un nouveau consensus démocratique.
-           La sécularisation de l’Etat, par la disqualification de l’islamisme et celle de partis/Etat, constitue une des conditions essentielles pour le remodelage et la refondation de la classe politique. Dans ce sens, Le MDS continue de revendiquer la nécessité de la refonte de la constitution qu’il faut soumettre à référendum, elle doit fonder l'édifice institutionnel d’un Etat moderne et républicain et garantir le pluralisme démocratique. Elle doit ouvrir la voie à des réformes de fond en matière institutionnelle, de politique nationale et de politique internationale fondée sur les impératifs de développement, de service public, de coopération et de défense de la souveraineté nationale, elle doit consacrer l’adhésion aux valeurs universelles en matière de sécurité, de justice et de liberté, la démocratie, affirmer le caractère démocratique et moderne de l’Etat algérien, la séparation des pouvoirs, consacrer l’égalité entre les citoyens et entre l’homme et la femme par l’abrogation du code de la famille, l’abrogation de l’ensemble des lois inégalitaires, discriminantes et injustes (code de la nationalité, code de l’information), la promotion du pluralisme politique, syndical et associatif ; elle doit garantir l’indépendance du mouvement associatif comme condition de son développement. Cette nouvelle constitution devra en particulier prononcer la séparation du politique et du religieux par l’abrogation de l’article 2 de la constitution actuelle et la dissolution des partis qui prônent l’instauration des normes d’un Etat théocratique.
-           Rompre avec le système rentier en œuvrant pour la réhabilitation de l’Etat comme entité symbolique et théorique et militer pour la re/construction de l’Etat national, de ses institutions et appareils sur des bases fondées sur le travail, la compétence, le service public et dans le même mouvement permettre à l’Algérie de s’insérer dans l’ère de la mondialisation et des blocs économiques.
-           Avancer dans la construction d’un Etat républicain réunissant toutes les normes de la modernité politique, culturelle, sociale et civilisationnelle et de progrès général pour notre peuple c’est agir pour transformer l’Etat comme instrument de gestion et facteur de production de nouveaux rapports socio-économiques et d’une nouvelle cohésion de la nation en instaurant les mécanismes de régulation de l’économie et les règles de promotion socio-politiques par le truchement de mesures d’incitation et/ou de découragement fixées selon les priorités qu’impose le développement national.
 
 
-           Œuvrer pour édifier des institutions transpartisanes par la promotion d’une culture de l’Etat et la capitalisation de l’expérience accumulée depuis le Mouvement de Libération moderne et qui doit fonder le passage à de nouvelles conditions d'accès aux responsabilités publiques, définies préalablement par la loi sur la base des critères de la compétence, et en rupture avec les pratiques régionalistes, tribales, claniques et népotiques.
 
-           Engager une véritable réforme pour une armée transpartisane comme un des piliers fondamentaux de l’Etat algérien et comme garant de sauvegarde de l'Etat républicain démocratique et valoriser le rôle qu’elle a joué comme rempart contre la barbarie intégriste et l’instauration d’un Etat théocratique. L’ANP, traversée elle-même par les contradictions qui minent la société algérienne et son Etat, doit être mise à l’abri des manœuvres politiciennes par un dispositif juridique lui permettant de jouer son rôle institutionnel, de poursuivre la lutte implacable contre le terrorisme.Cette réforme doit viser à la moderniser et à la professionnaliser, à en faire une institution transpartisane fondée sur une stratégie de défense nationale de souveraineté et de progrès. La question de souveraineté et de sécurité nationale est avant tout une affaire nationale, elle devra concerner touts les secteurs et devra répondre à une stratégie nationale de développement qui exprime les intérêts bien compris de l’Algérie dans un monde qui subit des mutations profondes et oblige à concevoir cette stratégie sur des bases autres que celles en vigueur. Elle doit être insérée dans le cadre d’une coopération mutuellement avantageuse et en intelligence avec les forces agissantes dans le monde d’aujourd’hui.
-           Abolition des privilèges qui minent tous les domaines de la vie politique, économique et sociale, générateurs de corruption et de scandales organiquement liés à la nature profonde d’un système corrompu. Il serait vain de vouloir moraliser les problèmes de corruption par une approche populiste et électoraliste ou d’une quelconque fièvre passagère, mais plutôt d’instituer d’autres mécanismes de gestion sur des bases de rationalité, de compétence et de travail. Ces mécanismes dépendent aussi bien des dispositions juridiques que de la composante sociopolitique des institutions chargées de mettre en application ces dispositions : les pratiques maffieuses instaurées comme panaché prouvent chaque jour que même les meilleurs lois sont vidées de leurs contenus, dévoyées et finissent par reproduire les mêmes pratiques.
 
 
2-        Pour une autonomisation des partis politiques par rapport à l’Etat :
-           Les partis/Etat sont utilisés comme de grands appareils d’Etat sans prolongements autres que ceux des moyens de l’Etat, le militantisme est dévoyé, il devient un moyen de promotion, d’accès aux privilèges ; les moyens de l’Etat sont utilisés pour assurer une hégémonie politico-idéologique qui est loin d’exprimer les rapports de forces réels dans la société. Cette situation empêche l’autonomisation des partis politiques par rapport à l’Etat, les maintiennent dans le giron du pouvoir, les emprisonnent dans des stratégies politiciennes et les réduisent souvent à des positionnements conjoncturels sans incidence réelle sur le devenir du pays. Le MDS devra agir pour favoriser les décantations nécessaires pour rendre possible autonomie par un effort continu de rassemblement de toutes les forces sociopolitiques soucieuses de dépassement de la crise et qui ne recoupent pas forcément la configuration actuelle de la classe politique. L’autonomisation de la classe politique par rapport à l’Etat devra permettre en retour l’autonomisation de ce dernier par rapport aux partis politiques. Ceci devrait permettre de poursuivre l’objectif de la refondation de la classe politique et l’émergence de partis politiques modernes porteurs d’alternative démocratique.
-           œuvrer pour que le multipartisme soit l’expression d’un véritable pluralisme et non un aspect de façade : une pensée unique, hégémonique sous la façade d’un multipartisme. Le multipartisme doit être un moyen de combattre le totalitarisme, l’autoritarisme, le despotisme. Il s’agit de lutter contrer toute restriction de libertés fondamentales. Dans ce sens, l’Etat de siège ne doit répondre qu’à l’impératif de sécurité nationale, et ne peut en aucune manière servir à affaiblir le pluralisme et la démocratie, mais seulement à les protéger.
 
3-        Accompagner l’émergence de la société civile :
Le pouvoir cherche à embrigader la société et l’assécher de toute vie démocratique. Il empêche la société de s’organiser, continue son entreprise de musellement de la presse, intensifie les poursuites judiciaires contre les journalistes, limite les droits à la défense, réprime les luttes multiformes de la société, interdit dans les faits le droit de grève et toute _expression syndicale démocratique. Il ne veut entendre que son écho. Le MDS devra être partie prenante de toutes les luttes contre les atteintes à la démocratie et au droit à l’organisation, aider à mettre en mouvement toutes les forces concernées.
Le MDS doit identifier toutes les forces sur lesquelles il doit s’adosser pour réaliser les objectifs qu’il s’assigne : les femmes, les jeunes, les forces du travail et du savoir, les forces de la production, il doit aider à l’organisation des forces qui subissent le moins les effets néfastes de la rente pour :
-           Œuvrer pour soutirer les forces du travail et du capital de la domination de la rente, accompagner et faire entendre la voix de toux ceux qui veulent réhabiliter le travail, l’investissement productif, le savoir, la compétence et qui, souvent le font contre vents et marées et contre-courant.
-           Œuvrer pour l’émancipation de la société civile, pour cela il faut combattre pied à pied pour arracher des espaces d’expression contre les velléités despotisme du pouvoir qui réprime parfois dans le sang les révoltes et les luttes des citoyens et ne leur laisse d’issue que celle des formes d’expression violente ; accompagner ces luttes, non pas pour s’y dissoudre, mais pour permettre la transformation des sentiments de frustration, de mal vie, de colère, de révolte en un mouvement conscient et organisé pour le changement. Cette position, loin de toute attitude populiste et de toute volonté de caporalisation, veillera à l’autonomie des luttes des citoyens et de leurs organisations et préservera dans le même mouvement l’autonomie du MDS. Il doit veiller à aider ces mouvements contre tout risque de dévoiement et d’entraînement dans des logiques politiciennes et de corruption qui ont toujours été fatals à l’émergence d’une véritable société civile.
-           Œuvrer pour l’émergence et la promotion de la citoyenneté, condition nécessaire à l’émergence de la société civile,  est à la fois le fruit d’un combat d’idées sans relâche, mais aussi le résultat des conditions de production de ces idées et de citoyenneté, c’est-à-dire les rapports de production modernes ; sans le processus d’individuation engendré par le développement des rapports de production capitalistes modernes et base pour l’émergence de l’individu, à la fois comme entité et référence, la citoyenneté reste un vœu pieux.
-           Le MDS devrait agir pour mener ce combat d’idées et le porter dans une société riche par son expérience pratique contre la barbarie intégriste, son vécu contre l’islamisme politique et les horreurs auxquels peut mener l’instrumentalisation de la religion dans la politique, la subordination du savoir à la religion ; le combat qu’a mené notre mouvement dans la clarification des enjeux impose une vigilance de tout instant et dicte à ses organisations d’accompagner cette évolution de la conscience en s’appuyant sur les mutations démographiques lourdes et les exigences qu’elles impliquent. Si les exigences et les nouveaux besoins induits par l’expérience de la société et les mutations démographiques, l’irruption de la femme, même minoritaire encore, sur le marché du travail et dans des domaines jusqu’ici réservées aux hommes, posent objectivement les bases pour de nouveaux rapports sociaux, le cadre juridique et institutionnel est obsolète, et contrarie ce développement, il est nécessaire de se battre pour mettre en adéquation le cadre d’organisation de la société et les évolutions en cours.
 
Le MDS devra lutter aux côtés des citoyens contre la dégradation des conditions de vie et du pouvoir d’achat et faire face aux conséquences sociales douloureuses de l’ajustement structurel ; les mesures de libéralisation, de compression du personnel sont allées plus vite que les mesures sociales d’accompagnement des victimes de cette politique. L’économie de bazar, l’absence d’une stratégie industrielle, le profit comme produit de transactions au détriment de la production de plus-value résultat d’activités de production précarisent l’emploi et créent des espaces de non droit où les rapports de travail échappent à la loi et les licenciements sont monnaies courantes, le droit à l’organisation syndicale est banni. Beaucoup d’entreprises de production se sont reconverties à des activités lucratives et, paradoxalement, les syndicats continuent de s’exprimer malgré la répression et les dévoiements de la rente dans le secteur public et la fonction publique.
Le MDS devrait orienter son travail vers les secteurs les plus modernes et favoriser les luttes pour l’instauration de nouveaux types de rapports socioéconomiques et pour l’émergence de syndicats et d’organisations modernes.
 
4-        Une identité fondée sur la sécularisation de l’Etat, les socles de valeurs universelles et la profondeur historique de l’algérianité
Les réformes doivent toucher les superstructures politico-idéologiques, l’école, l’université, la culture, les appareils idéologiques d’Etat, la mosquée, la presse d’Etat et privée : mettre en phase notre système éducatif, en le modernisant, avec les exigences de la culture universelle et la révolution scientifique et technique. Faire de l’école un espace d’accumulation de la science et du savoir, un lieu d’apprentissage de la citoyenneté, d’ouverture sur le monde, un lieu qui dispense à la fois la rationalité, le rêve et cultive l’imaginaire. Combattre l’emprise des idéologies rétrogrades, du conservatisme et de l’islamisme : les réformes doivent séparer le savoir des injonctions du moralisme religieux. Si l’école est un lieu de mémoire collective, de l’histoire millénaire de notre pays, elle doit surtout combattre le saucissonnage de l’histoire, sa mutilation, par l’occultation de pans entiers de notre histoire, elle doit surtout être un moyen de projection sur le devenir de l’Algérie du troisième millénaire. L’apprentissage et la recherche doivent être débarrassés du poids de l’idéologie religieuse et du nationalisme étroit, et ne doivent être soumis qu’aux seules règles de la rigueur scientifique et de la recherche. C’est aussi la seule condition qui permettra de libérer la pensée religieuse et de concevoir la possibilité de sa réforme, ce n’est pas l’exégèse des politiques ou des savants en matière religieuse qui permettra de réaliser cet objectif. Un retour en arrière, d’islam progressiste et islam réactionnaire serait un coup porté aux progrès en matière de réflexion et à l’expérience pratique de notre peuple engrangée dans le sang et des dizaines de milliers de victimes du terrorisme intégriste.
L’affranchissement de la gestion de la cité par rapport au religieux imposera à ceux-ci sans doute d’opérer la réforme religieuse nécessaire redéfinissant le statut de l'islam comme somme de convictions et des valeurs des musulmans ne se rattachant à aucune autorité temporelle. Le MDS comme mouvement politique, quant à lui et de par son essence, doit situer son action au niveau de l’exigence de la séparation du politique et du religieux au risque de tomber une nouvelle fois dans une bataille de l’interprétation de l’Islam d’arrière-garde. L'Etat assume cette séparation et la consacre constitutionnellement. Ce dont il s’agit c’est de protéger le politique du religieux et, dans le même mouvement libérer et la pensée de façon globale, mais aussi la pensée religieuse qui croupit sous le poids de l’islamisme. On devrait libérer la pensée et la pratique politiques, ainsi que le savoir de la mainmise du religieux, le peuple algérien ne souffre pas d’un manque de respect à la religion mais d’un dévoiement du politique et du savoir sous le poids de l’islamisme et des idéologies conservatrices ; l’Algérie ne vit pas un trop plein de modernité, mais un trop plein d’idéologie religieuse dominante. Il est dangereux de culpabiliser les forces modernistes de ne pas comprendre la religion, bien au contraire, il faut combattre l’idéologie religieuse et conservatrice qui empêche l’appropriation de l’acte politique au sens le plus moderne par les citoyens.
Occulter ces aspects reviendrait à nier les centaines de milliers de victimes du terrorisme et transformer toute la « tragédie » qu’a vécue l’Algérie en une petite parenthèse de l’histoire ; il suffirait alors d’être attentifs aux discours du pouvoir sur la redécouverte des zaouïas et de leur rôle, de son instrumentalisation de la religion pour se conformer aux chants des sirènes et revenir à la situation d’avant octobre 88, « ce serait une parodie de l’histoire », par le retour en arrière au notions « d’islam de progrès » et « ’islam réactionnaire », « islam mauvais » et « islam bon », et pourquoi pas « islamisme modéré et islamisme radical ».
La reformulation de l’identité nationale, par l’affirmation de l’algérianité, doit assurer le plein épanouissement de la personnalité algérienne dans le sens de la consécration de tous ses acquis et ses attributs historiques avec la promotion de la langue arabe et amazigh et l’ouverture linguistique, culturelle et civilisationnelle sur l’universel.
Les luttes citoyennes d’essence démocratique menées ont fait avancer la question de la reconnaissance de l’identité algérienne au prix d’énormes sacrifices, ont mis à mal les tabous et les certitudes, ont fait reculer les préjugés, cependant la nature de l’Etat et les manœuvres politiciennes contrarient une conception juste de l’identité, à la fois comme identité historique et comme identité en devenir, une identité intégrant tout ses attributs historiques et les valeurs universelles. La sécularisation de l’Etat imposera alors la révision du code de la nationalité sur des bases modernes, affirmera l’identité historique de l’Algérie et la libèrera des conceptions figées ethniques, tribales et religieuses de la prémodernité.
 
 
5-        Questions économiques
Les problèmes politiques, économiques et sociaux sont organiquement liés au système rentier corrompu, leur dépassement dépend du dépassement du système et le MDS doit œuvrer pour sa liquidation comme condition fondamentale et objectif des réformes et générant la dynamique de progrès économique et social.
Assurer le passage irréversible vers un système moderne de production, développer des rapports socio-économiques modernes, c’est-à-dire supplanter les rapports archaïques, clientélistes et bureaucratiques rentiers pose l’exigence d’une lecture fine de la situation économique en Algérie caractérisée par l’absence d’une véritable stratégie industrielle comme moyen d’intégration à l’économie mondiale. Le MDS devrait favoriser la réflexion pour l’élaboration, avec les acteurs économiques, de cette stratégie qui devrait définir les secteurs de productions à promouvoir et qui permettent à l’Algérie de s’insérer dans la division internationale du travail dans des conditions plus avantageuses.
Œuvrer pour un développement des forces productives dans une économie pétrolière et gazière, les hydrocarbures étant la ressource principale à la fois comme matières énergétiques, matières premières et sources de devises, requièrent une importance stratégique dans la politique de développement de l’Algérie. Voilà pourquoi il faut subordonner toute loi sur les hydrocarbures à la question de l’utilisation de la rente dans l’accumulation capitaliste.
Le débat secteur public/privé en matière d’hydrocarbures risque de voiler les véritables enjeux vu le caractère stratégique de ce secteur. Si l’optimisation de la production demeure un objectif essentiel, quelle que soit la forme d’exploitation, l’Etat doit garder un rôle prépondérant et la rente pétrolière mise au service du développement. Dans ce sens, il faut dénoncer l’absence de stratégie industrielle et les politiques étroites qui contribuent à reproduire le système et réduire l’Algérie à un rôle de pourvoyeur des hydrocarbures. La stratégie de développement doit viser à terme à réduire la dépendance vis-à-vis des hydrocarbures.
A l’instar des pays capitalistes développés et émergents, les secteurs économiques productifs publics et privés doivent continuer de bénéficier du support de l’Etat sous diverses formes, l’Etat algérien ne peut se permettre une démission pure et simple et n’exprimer son autorité qu’en matière de répression des mouvements de citoyens, il doit s’impliquer comme leader et régulateur à travers une véritable réforme de la fiscalité, la répression de la fraude fiscale, de l’évasion des capitaux.
Au lieu de se confiner dans un rôle de distributeur de la rente alimentant le clientélisme et le clanisme et phagocytant ainsi l’émergence des forces productives modernes et de la société civile, l’Etat algérien doit avoir pour rôle majeur d’inciter, de canaliser et de défendre l’accumulation du capital productif (national et étranger) en indiquant les secteurs à promouvoir par des avantages et selon les priorités de la stratégie de développement. Dans ce sens, le MDS défend une véritable réforme fiscale qui vise à combattre d’un côté la fraude fiscale, l’évasion des capitaux, mais aussi une discrimination en faveur des secteurs prioritaires de développement des forces productives.
L’Etat doit veiller à la mise en place, dans cette phase de transition, d’un service public performant dans les secteurs divers (éducation, services de santé et certains secteurs stratégiques comme l’électricité et l’eau, etc.…).
 
 La question des instruments politiques de cette politique revêt une importance stratégique ; toutes les actions et les batailles que doit mener le MDS doivent intimement liées aux tâches d’édification des structures et organisations du Mouvement qui lui permettront de mener le travail des forces socioéconomiques et politiques modernes dans le pays mais aussi de renouer avec les efforts en matière de politique internationale :
 
Œuvrer pour le rassemblement des forces démocratiques tout en travaillant pour favoriser l’autonomisation des forces socioéconomiques du K. et du travail condition majeure pour une recomposition de la classe politique.
Nos actions doivent être prioritairement orientées vers les secteurs les plus modernes et le potentiel démocratique pour les faire sortir de l’isolement dans lequel il est contraint sous la pression combinée du système et de l’islamisme. L’objectif de la reprise de l’initiative par les forces démocratiques et modernes n’est possible que si ces forces sont conscientes qu’elles sont majoritaires historiquement et qu’elles ne peuvent le devenir comme représentations politico-idéologiques qu’en proposant une alternative démocratique crédible de sortie de crise.
La nouvelle direction devra mettre en place un plan d’implantation du mouvement, organiser toutes les potentialités du mouvement et favoriser le travail de recrutement. Elle doit aider à orienter les efforts des militants en direction de la société et leurs implications dans les luttes en cours.
Il est nécessaire de doter le mouvement de moyens organiques, matériels et financiers sans lesquels il est impossible d’engager et de réaliser les objectifs fixés (ressources financières, journal, permanents…)
Les activités internes doivent être simultanément avec les efforts en direction des autres forces sociopolitiques tant au niveau national qu’au niveau international. Nos efforts en matière de politique internationale restent très réduits malgré leur importance stratégique pour faire connaître nos positions souvent déformées ou occultées.
 
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