MOUVEMENT DEMOCRATIQUE SOCIALE ET LAIQUE (MDSL)
  Du PAGS au MDSL...
 

 

Une seule alternative :
 Une République Laïque, démocratique et sociale.
Un seul moyen:
 Un nouveau mouvement progressiste.
 
 


Voilà dix ans que le MDS jetait les bases d’un nouveau mouvement et celles d’une stratégie politique novatrice. Voici 2 ans que le MDS est frappé d'une crise interne sans précédent et qui ne s'explique pas seulement par la disparition d'El Hachemi.
Par cette contribution, nous voulions renouveler notre attachement aux fondamentaux du MDS historique en rappelant les moments les plus décisifs de sa vie et en ré interrogeant sa ligne stratégique.
Par cette contribution nous nous adressons aux militants restés fidèles au MDS historique mais aussi à toutes celles et ceux qui l'ont quitté pour diverses raisons. Et au delà, à toutes celles et ceux qui partagent nos idées mais qui, pour une raison ou une autre, ne voulaient pas rejoindre le MDS. Nous nous adressons également à toutes celles et ceux qui n'ont pas connu la ligne du MDS ni même son existence et qui cherchent un cadre de lutte pour une Algérie démocratique, laïque, moderne et sociale. C'est ce que nous allons proposer.
Auparavant, une clarification politique est nécessaire. Elle permet d’évaluer le chemin parcouru et de passer au crible la grille d’analyse qui est la nôtre depuis le premier congrès. C’est ce que nous tenterons de faire mais faisons d’abord un bref rappel historique


 
1.      Du PAGS au MDS.
 


En Janvier 1993, suite à la transformation du PAGS, un mouvement rénové au plan idéologique et stratégique, ETTAHADDI-TAFAT, vit le jour et donnera ensuite naissance au MDS en mai 1998. Le MDS, à travers sa direction et ses militants, n'a cependant pas renié l'héritage idéologique du PAGS ni son impact au sein de la société mais il l'a revu et corrigé à la lumière des nouvelles réalités algériennes.
Ces transformations politiques majeures sont intervenues dans un contexte foncièrement nouveau, marqué essentiellement par un changement du rapport de forces au niveau mondial dû à la chute de l’URSS et par l’irruption brutale au début des années 90 de l’islamisme politique (Iran, Afghanistan, soudan) et de son bras armé, le terrorisme.
Mis à rude épreuve par l’échec d’une expérience socialiste internationale et face à une déferlante islamiste sans précédent dans l’histoire du pays, encouragée et financée par l'Arabie Saoudite d'une part et par l'Iran d'autre part, qui se livraient entre-eux à une concurrence sanguinaire pour la mainmise sur l'Algérie, nous avons été mis en demeure de refonder les bases d’une analyse qui ne traduisait plus les enjeux politiques nationaux.
Deux erreurs stratégiques avaient été commises alors par le PAGS:
­ Au plan économique, le PAGS avait nourri l’illusion qu’il était possible de « court-circuiter » l’étape capitaliste de développement en Algérie et de passer directement de la semi féodalité au socialisme.
-         Au plan politique, il avait fait l’erreur irréparable de ne pas condamner la légalisation anticonstitutionnelle du FIS par le pouvoir le 6 septembre 1989. Son silence avait couvert la banalisation d’un parti politique qui ne tardera pas à révéler sa nature fasciste en semant le chaos dans le pays et en le plongeant dans le bain de sang.
ETTAHADDI-TAFAT puis le MDS remettront les pendules à l’heure en redéfinissant en des termes radicalement nouveaux la nature de l’étape que traverse le pays et en qualifiant le mouvement islamiste de mouvement totalitaire. L’analyse bascule ainsi de la contradiction capital/travail à celle qui opposera l’archaïsme à la modernité, c'est à dire le fascisme à la démocratie.
C’est pourquoi la ligne stratégique du MDS mettra au premier plan les valeurs progressistes universelles de laïcité, de citoyenneté, d’égalité entre les femmes et les hommes, de pluralisme culturel et posera leur exigence comme un préalable à l’édification de l'État de droit. C’est ainsi qu’il ne se cantonnera pas à dénoncer «la ligne anticonstitutionnelle du FIS » mais exigera son interdiction; il ne demandera plus l’amendement du code de la famille mais son abrogation pure et simple.
Voici en quels termes la résolution politique du premier congrès formulait la stratégie du MDS:
« La constitution devra être révisée de telle manière qu’elle consacre la séparation du politique et du religieux, fondement de l'État moderne et la disqualification de l’islamisme politique et des partis islamistes, du système rentier bureaucratique et de ses institutions, et qu’elle mette en phase l’ensemble des institutions qui devront refléter et traduire les aspirations profondes de notre peuple à la démocratie, la modernité et au progrès. Elle doit consacrer l'État de droit, une démocratie fondée sur les droits de l’Homme et du citoyen, sur le caractère sacré de la personne humaine, sur l’égalité, les droits fondamentaux, la liberté de conscience, d’opinion, de presse, et d’organisation, en somme une citoyenneté pleine et entière pour toutes et tous. »
Au plan économique, il s’agira de passer, comme le soulignent les textes du premier congrès d’une économie pré capitaliste minée par  la rente, le marché noir et la corruption à une « économie moderne fondée sur la production, la performance, l’efficacité et l’accumulation ».
Il est clair que l’apport essentiel du MDS a résidé dans la façon dont il avait caractérisé la nature de l’étape et identifié les éléments de la crise.


 
2.      La ligne stratégique du MDS est toujours d'actualité.
 


La ligne générale du MDS et le contexte historique dans lequel elle est née ayant été rappelés, interrogeons-nous sur sa validité. En un mot, la stratégie de la double rupture est-elle toujours d’actualité ou devons-nous changer de cap? Mais alors où en est-on au plan national ?
La situation nationale depuis 1998 s’est considérablement aggravée. Ni le subterfuge du «  terrorisme résiduel » claironné par le pouvoir, ni le soi-disant « retour à la paix » ni les opérations de charme déployées en direction des islamistes au nom de la « réconciliation nationale » pour ramener prétendument « les égarés » à la raison ne suffisent à masquer la réalité du terrorisme islamiste. Ses capacités meurtrières ont atteint un niveau de technicité sans précédent et peuvent toucher les cibles les plus sensibles par l’instrumentalisation de kamikazes.
La situation sociale et économique empire. Le pays sombre au moindre prétexte dans l’émeute de la mal-vie à un moment où le baril culmine à plus de …140 dollars ! Une proportion importante de jeunes sont condamnés au chômage. Ils sont contraints aussi de quitter, par désespoir, le pays au péril de leur vie ou bien basculent carrément dans la drogue et le suicide. La société est dans un état d’indigence généralisé. Même les classes moyennes (cadres, industriels, petits propriétaires paysans et commerçants honnêtes) sont laminées et les quelques concessions du pouvoir, arrachées de haute lutte par les citoyens, ne peuvent voiler sa véritable nature despotique et prédatrice.
Car, pendant ce temps-là, le système, assis sur le compromis islamo conservateur, la rente pétrolière et la corruption, perdure et endigue par la répression toute velléité de changement.
Dans ce contexte, la stratégie de la double rupture demeure, plus que jamais, la clef de toutes les solutions susceptibles d’offrir à l’Algérie une issue réelle à la crise multidimensionnelle qui la frappe.


 
3. La laïcité : cheville ouvrière du combat pour la modernité.
 


Combattre l’islamisme politique impose de faire de la laïcité une tâche prioritaire pour que la religion ne soit plus instrumentalisée à des fins politiques. La laïcité comme la question emblématique du statut des femmes sont des valeurs non négociables. Sans l’abrogation du code la famille et de l’article 2 de la constitution, sans la reconnaissance officielle de toutes les composantes culturelles et cultuelles du pays, notamment le droit des minorités religieuses à l'exercice de leur culte l’Algérie ne pourra pas se frayer de chemin vers la modernité.
Tant que l’Algérie ne hissera pas au rang de loi fondamentale la laïcité et n’en irriguera pas l’ECOLE et la CULTURE, il n’y aura pas de perspective porteuse d’avenir pour le pays. Seul la laïcité donnera du sens à l’avènement d’une deuxième république et ouvrira la voie à la résolution démocratique de la crise.
C’est ce défi que doit relever l’Algérie pour se donner des perspectives réelles de développement et de progrès. L’apport décisif d’El Hachemi a permis de placer les questions de société au centre des préoccupations du mouvement. Hadjares avait qualifié ce recentrage stratégique de « désertion du champ de bataille social ». C’est cette vision qui a amené Hadjares à sous-estimer le danger mortel de l’islamisme politique et à considérer que le FIS était un parti …fréquentable !


 
4. L'ennemi mortel est toujours là : l’islamisme politique
 


Que deviennent précisément les questions sociales et économiques dans les luttes du mouvement ? Sont-elles oubliées, sous estimées  ou bien est-ce le cours de l'histoire qui a imposé de nouvelles urgences, un nouveau regard sur la réalité?
Face à la déferlante islamiste des années 90, fallait-il sensibiliser l’opinion publique nationale et internationale sur le danger mortel du fascisme islamisteou bien détourner leur attention du risque d’effondrement de l'État algérien et de sa Nation au profit de l'État théocratique ? Face au soutien multiforme de l’occident à l’islamisme, fallait-il faire barrage à la campagne criminelle du «QUI TUE QUI» ou bien polariser l’opinion internationale sur «la maffia des généraux» en se ralliant au pacte tout aussi criminel de San-Egidio? Fallait-il se taire sur la nécessité pour la puissance publique algérienne d’assurer la protection des populations civiles face aux massacres?
Tout au long de la décennie noire notre mouvement avait pris ses responsabilités patriotiques, politiquement ou les armes à la main, plusieurs de nos militants étaient aux premières lignes face aux hordes terroristes. Beaucoup y ont laissé leur vie et leur sacrifice, comme celui d'autres patriotes armés, des militaires et des policiers, a fait reculer l'islamisme armé jusque dans ses derniers retranchements. Mais la trahison des conservateurs a permis à l’islamisme de rebondir et au terrorisme de reprendre du poil de la bête. Aujourd'hui ils se pavanent avec insolence, riches à millions du produit de leurs rackets et des pensions généreusement accordées par le pouvoir. Aujourd'hui, ils continuent de propager leur idéologie meurtrière.
Parallèlement à ce combat, notre mouvement n’a jamais omis de mettre à l’ordre du jour les questions économiques et sociales ni omis de soutenir les luttes sociales (nos militants étaient et sont présents dans ces luttes) mais les solutions préconisées ne pouvaient voir le jour dans un contexte où l’Algérie risquait de basculer dans le néant.
Mais ceux qui comme le PT, le PST ou le FFS se disent de « gauche » et dont les programmes ont affiché explicitement la priorité à ces questions ou les partis de la « sainte-alliance » qui sont aux commandes du pays, quelles solutions ont-ils apporté aux problèmes économiques et sociaux ? Aujourd'hui, le MDS de Hocine Ali commet la même erreur que celle du PAGS (tendance Hadjares) hier. Il cautionne un système qu'il sait honni par la population tout en prétendant le combattre par des élections « démocratiques ».
 
Pour nous, la crise est multidimensionnelle, multiforme et indivisible. Tenter de la résoudre, par segment est un leurre. Ignorer ou simplement sous-estimer une des composantes de la crise conduit irrémédiablement à l’échec. C’est ce qui explique d’ailleurs l’inanité des solutions apportées par les différents gouvernements qui se sont succédé ces 2 dernières décennies et l’incapacité d’un système à arracher l’Algérie de l’impasse totale dans laquelle elle est plombée.


 
5. La seule solution: Abolir le système rentier et bureaucratique.
 


En novembre 1954, la question sociale, culturelle, identitaire et démocratique ne pouvait trouver sa solution que dans la lutte pour l’indépendance nationale. Aujourd’hui, la formulation la plus élaborée et la plus juste de la même question est dans l'abolition du système et la disqualification des partis islamistes l'unique condition à réaliser pour concrétiser le projet de société moderne.
Mais comment abolir ce système? Par des élections? Nous estimons que la famille qui avance n’attend plus du pouvoir actuel l'organisation de suffrages démocratiques, libres et honnêtes. Par une révolution? Oui! mais le peuple est-il prêt pour une révolution pacifique?
 
Nous pensons que les germes d'une telle révolution existent. Outre les révoltes sociales quasi quotidiennes, le peuple, toutes couches ou classes sociales confondues, ne supporte plus d'être pris en otage entre les islamistes et le système mafieux. Mais, face à ce gigantesque chantier, et face à l'appareil du MDS qui se désagrège il nous faut cesser de faire semblant que le MDS historique est toujours là avec son appareil, ses cadres et son patrimoine matériel. Il nous faut tourner la page même si nous en souffrons. Il nous faut mettre un terme aux conflits subjectifs ou sans principes et nous mobiliser impérativement pour fonder un nouveau mouvement ou parti, démocratique dans son fonctionnement, ouvert à des courants progressistes et adoptant la même ligne stratégique fondée par El Hachemi, un nouveau cadre pour mobiliser ou remobiliser toutes celles et ceux qui aspirent à l'édification d'une deuxième république, laïque, démocratique et sociale. Tel est l'enjeu national à l'étape actuelle.
Document présenté et approuvé par la réunion des cadres du MDS historique du
1er mai 2008.
 


 
 
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