MOUVEMENT DEMOCRATIQUE SOCIALE ET LAIQUE (MDSL)
  presse :Les Rencontres laïques internationales
 

http://www.humanite.fr/2009-04-06_Politique_Les-fondamentalismes-complices-du-neoliberalisme
Politique
Les fondamentalismes, complices du néolibéralisme
Colloque . Les Rencontres laïques internationales, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), ont insisté sur la conjonction entre combat laïque et combat social.
Pour eux, c’est une certitude, le curé ne pourra jamais remplacer l’instituteur. Réunis tout le week-end à Saint-Denis, des militants de la gauche laïque venus de dix pays ont vivement dénoncé les tentatives de reprise en main du politique par le religieux. Un mouvement encouragé, à leurs yeux, par des thuriféraires de l’ultralibéralisme prompts à abandonner aux fondamentalistes les terrains sociaux sinistrés par le recul de l’État. « Dans la phase actuelle du capitalisme, une alliance s’est nouée entre les ultralibéraux et les intégristes de tous bords, contre les droits des peuples », a souligné, en ouverture, Horria Saihi, militante de l’UFAL 93 et organisatrice de l’initiative.
Cette cohérence est incarnée, en France, par les discours antilaïques de Nicolas Sarkozy. « L’égalité, l’universalité des droits sont la cible de la droite et de son projet de confessionnalisation et de communautarisation de la société française », a analysé Pascale Le Néouannic, du Parti de gauche. Militant du MRAP dans les Landes, Gérard Kerforn a lui aussi mis en garde contre le projet sarkozyen de balkanisation de la société française, assimilée à un conglomérat de communautés monnayant chacune ses revendications particulières. « Cette vision est dangereuse pour le métissage comme pour les valeurs universelles », a-t-il affirmé. D’autant plus dangereuse qu’elle invoque la « tolérance » pour justifier des politiques com- munautaristes. La Britannique Mariam Namazie, de la Campagne contre la charia (loi islamique), a vivement critiqué, sur ce point, l’attitude de la gauche « multiculturaliste », accusée d’entretenir un « relativisme culturel » qui, au final, rejette les migrants et leurs enfants dans un ghetto. C’est ainsi qu’une femme de confession musulmane s’est vu refuser, en Allemagne, l’enregistrement de sa plainte pour violences conjugales, le magistrat en charge du dossier lui opposant les normes supposées de sa « communauté ».
Si l’angélisme d’une partie de la gauche a été abondamment critiqué, Marieme Helie Lucas, de l’ONG Women under Islamic Law (Femmes sous la loi islamique), a également mis en garde contre la tentative de « certains courants de droite et d’extrême droite d’instrumentaliser le mouvement laïque » contre les citoyens de confession musulmane. « Notre combat est indissociablement laïque, social et antiraciste. Nous ne sommes pas de ceux qui instrumentalisent la laïcité contre une partie de la population », a insisté Horria Saihi. Aucune religion, d’ailleurs, n’échappe à ce phénomène d’expansion des intégrismes. L’Indien Harsh Kapoor, du mouvement South Asian Citizen’s Web, l’a rappelé en exposant la stratégie des extrémistes hindous, « infiltrés dans tous les secteurs de la société indienne et de la diaspora ».
L’enjeu du combat laïque, dans un tel contexte, est celui de l’émancipation. « Seule la séparation radicale du politique et du religieux peut permettre à l’État de droit d’émerger et à la société de se libérer de ses chaînes », a insisté l’Algérien Moulay Chentouf, du Mouvement démocratique, social et laïque (MDSL). Venues nombreuses, des féministes ont rappelé combien cette séparation est cruciale pour les droits des femmes. « Aucune religion n’admet le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes, a jugé l’écrivaine bangladaise Taslima Nasreen. Seule la sécularisation des sociétés peut donc garantir cette égalité. » Une sécularisation qui fait l’objet d’une lutte acharnée entre laïques et fondamentalistes. Pas seulement dans les pays du Sud. De l’activisme des créationnistes américains à celui des tenants d’une Europe chrétienne, les militants laïques ont du pain sur la planche.
Rosa Moussaoui
 
 
Le shttp://www.humanite.fr/2009-03-31_International_
Le spectre de l’abstention se fait de plus en plus concret
Si la réélection du président sortant ne fait guère de doute, c’est la crainte d’une faible participation qui s’accentue.
Envoyé spécial.
« Un président qui n’a pas été élu à une majorité écrasante n’en est pas un. » Dans la bouche du président Bouteflika, candidat à sa propre succession, sans adversaire de taille, ces propos ne sont pas nouveaux. En 1999, il avait estimé que, s’il n’était pas confortablement élu, il rentrerait chez lui et, en 2004, il avait exigé un vote massif. « Nous avons besoin d’un président bien élu », renchérit un membre du gouvernement.
Cette fois-ci, si la réélection de Bouteflika pour un troisième mandat ne fait guère de doute, c’est plutôt la participation qui alimente les inquiétudes de son entourage. Aux yeux de nombreux Algériens, l’absence d’adversaires de poids, après que l’ex-président Liamine Zeroual a décliné de se porter candidat, fait que le taux de participation reste le seul enjeu de cette élection. Aussi tout est-il fait pour inciter les Algériens à se rendre aux urnes : spots en boucle à la télé et sur les ondes radio, sermons dans les mosquées, participation de sportifs, médaillés aux jeux Olympiques…
Sans doute est-ce la crainte d’une forte abstention, suite à l’appel au boycott lancé par le RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie), le FFS (Front des forces socialistes), le MDSL (Mouvement démocratique social et laïque, ex-communiste), le PST (Parti socialiste des travailleurs) ainsi que les islamistes de l’ex-FIS (Front islamique du salut, interdit d’activité), qui a poussé le président Bouteflika à faire l’impasse sur le sommet de la Ligue arabe à Doha et à accélérer sa campagne. Il a décidé d’effectuer trente-quatre sorties sur le terrain alors qu’initialement il en avait prévu quatorze, dont cinq grands meetings.
Même les membres du gouvernement, à l’instar du premier ministre Ahmed Ouyahia, chef du RND (Rassemblement national démocratique), d’Abdelaziz Belkhadem, ministre d’État et chef du FLN, ou encore de l’islamiste et ministre sans portefeuille, Bouguerra Soltani, chef du MSP (ex-Hamas), sillonnent le pays, animant des meetings, afin de mobiliser les électeurs. À quoi s’ajoutent les 5 000 associations se réclamant du programme présidentiel ainsi que l’UGTA, la centrale syndicale et l’organisation des moudjahidin (vétérans de la guerre d’indépendance).
Les adversaires de Bouteflika, qui s’efforcent d’être visibles et d’être entendus - qualifiés par Karim Tabou, secrétaire général du FFS de « lapins achetés par le pouvoir » et de « faux candidats » -, ne sont pas en reste. Excepté la candidate trotskiste, Louisa Hanoune, leader du Parti des travailleurs (20 députés au Parlement), qui fait figure de principale adversaire du chef de l’État, les cinq autres peinent à remplir les salles. L’un d’eux, Moussa Touati, s’est même retrouvé devant une salle vide à Djelfa, au sud d’Alger. Il n’empêche, les Sanafirs (Schtroumpfs en arabe. NDLR : ce terme désigne les petis partis) font mine d’y croire et font campagne pour un vote « massif ».
H. Z.


Paris-France, Hebdomadaire d’information locale du 8 au 14 avril 2009
 

 
 

Au coin de la Une
Deux jours pour la laïcité
Après Montreuil l’an dernier, c’est à Saint-Denis à la bourse du travail que l’UFAL, Union des familles laïques, organisait ce week-end ses 2es Rencontres laïques internationales. Pendant ces deux jours à la tribune (1), parmi les quelque trente intervenants, c’est assurément au nom des luttes féminines que cette portée universelle de la laïcité s’est exprimée avec le plus de force. « Pour nous Algériennes, la laïcité, c’est une nécessité de survie », dira Aouicha Bekhti, du Mouvement démocratique social et laïque. Emblématique entre toutes de ce combat contre les fondamentalistes religieux, Taslima Nasreen rappelle qu’elle faillit le payer de sa vie voici quinze ans au Bengladesh, mais aussi en Inde il y a cinq ans. Elle venait d’interpeller la veille à Bruxelles des élus européens de gauche sur leur absence de critique envers les fondamentalistes. « Ils n’ont pas voulu me répondre », dit-elle avec amertume. Pour Gérard Kerforn, militant du MRAP des Landes, qui en parle d’expérience, ces accommodements avec l’intégrisme musulman d’une gauche fondée pourtant sur la laïcité républicaine « contribuent à un enfermement identitaire ». Apparu en 1881 sous la plume de Ferdinand Buisson, alors directeur de l’enseignement primaire de Jules Ferry, le terme de laïcité renvoie encore à des enjeux de société à défendre au sein de l’institution scolaire, comme le dira Eddy Khaldi, co-auteur de Main basse sur l’école publique, qui dénonce la politique de privatisation dont le service public fait les frais, à l’école comme dans la santé.

(1) Parmi les plus connus, citons encore le philosophe Henri Pena-Ruiz, les journalistes Caroline Fourest et Christian Terras.

07-Apr-2009 13:39 | Actualisé le 07-Apr-2009 16:17
 
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